13 Mar CHAPITRE 19 – Hors saison, pleine présence
Ce n’était ni l’heure des tulipes, ni celle des plongeons dans la piscine. L’hiver s’était installé doucement, givrant les buis, enveloppant la Closerie d’un calme minéral. Les oiseaux eux-mêmes semblaient marcher au ralenti, et les feux de bois devenaient les véritables centres névralgiques du lieu.
C’est à cette période, hors des sentiers touristiques, qu’une personne venue pour le travail frappa à notre porte. Faute d’hébergement disponible dans la région, elle cherchait simplement un refuge de passage, un toit accueillant pour quelques nuits. Mais ici, même les séjours improvisés peuvent devenir de belles histoires.
Nous l’avons reçue avec joie — car la chaleur humaine ne connaît pas de saison. Et rapidement, ce qui devait être transitoire s’est prolongé : quelques semaines, quelques mois, partagés dans une ambiance très différente du tumulte estival.
Plus de bains de soleil. Mais du feu qui crépite, des discussions enveloppées dans le silence des après-midis givrés. Les recoins de la Closerie se prêtaient alors à la lenteur : un café pris face à la douve glacée, une sieste près de la cheminée, et surtout… du temps.
Car avec la durée, vient la profondeur. Les échanges se font plus sincères, les gestes plus doux, les sourires plus vrais. On ne se croise plus seulement, on se découvre.
Ce séjour hivernal fut l’occasion de vivre la Closerie autrement — comme un lieu de transition douce, de repli bienveillant, un cocon pour se poser avant de repartir.
Ici les rencontres se font en toute saison et le partage est précieux.
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