CHAPITRE 3 – Du métal sous les hêtres : les festivaliers en escale

Chaque année, aux premiers jours de l’été, ils reviennent. Casquettes vissées, tatouages flamboyants, t-shirts noirs griffés de dragons et de guitares diaboliques, ils débarquent à la Closerie comme des oiseaux migrateurs au plumage insolite. À croire qu’ils ont troqué les tentes poussiéreuses pour les vieilles pierres rassurantes, les chants au ton caverneux pour le chant des merles, sans jamais renier leur flamme pour le Hellfest.

Cela fait maintenant quatre ans que ce petit groupe de fidèles, une dizaine à présent, réserve ses chambres à la même période, en marge du plus célèbre festival de métal d’Europe. Au début, c’était juste une alternative plus confortable. Aujourd’hui, c’est devenu un rituel, presque sacré.

Chaque matin du festival, leur départ pour Clisson est orchestré comme une expédition : blousons en cuir sur le dos, bandanas noués, et cris de guerre au petit-déjeuner que dis je un brunch (à base de café corsé et pain frais et tellement d’autres choses : bacon, œufs, fromage, voire même du chouchen). Mais les retours… ah, les retours ! Éreintés, vibrants, et toujours un peu sonnés par les décibels, ils ramènent avec eux l’écho des concerts, des anecdotes aussi folles que drôles, et parfois des compagnons de route venus partager une nuit dans ce havre de calme — devenu le sanctuaire de ces warriors du riff.

Car peu à peu, la Closerie est devenue bien plus qu’un point de chute. C’est le camp de base. Le lieu où l’on recharge les âmes et les batteries, où les discussions dérivent de Metallica à Mozart (si, si), et où certains festivaliers ont commencé à délaisser un jour, puis deux, du Hellfest pour « profiter un peu plus de la Closerie » comme ils disent.

Et le maitre des lieux, loin d’être dépassé par le brouhaha, accueille ce joyeux troupeau avec tendresse et amusement. On raconte même qu’un soir, un set improvisé de guitare électrique résonna dans la salle de sport, accompagné d’un vieux piano un peu désaccordé — un moment suspendu, où le métal s’était mis à chanter l’âme du bocage.

Le contraste est saisissant : entre les cris des guitares et le silence des bois, entre les bières de festival et les flacons de Saumur ou de punch vert des iles partagés en terrasse. Une alchimie improbable, mais parfaite. Et désormais, quand juin approche, la Closerie s’apprête aussi à vibrer au rythme du Hellfest — à sa manière, fidèle et singulière.

L’an prochain, ils reviennent ! C’est déjà réservé et complet !

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