31 Jan CHAPITRE 13 – Trois juristes, un lac, et le murmure du jour naissant
Elles avaient fait le choix rare de s’arrêter. Trois jeunes femmes, juristes brillantes, habituées aux mots précis, aux responsabilités lourdes, aux décisions à prendre sans fléchir. Le quotidien, souvent, ressemblait à une course : entre tribunaux, cabinets, dossiers à boucler, et l’impression constante que le monde attendait toujours plus.
À la Closerie, elles avaient trouvé un souffle. Un lieu où le jugement ne pesait pas, où les silences valaient autant que les plaidoiries. Dès leur arrivée, quelque chose s’était apaisé. Et très vite, les soirées prennent des allures de confidences. Autour d’un verre, ou simplement en marchant dans les bois, elles parlaient — mais surtout, elles écoutaient : leurs doutes, leurs espoirs, leurs limites. Le sens du travail. Le respect de l’autre. La fatigue invisible. L’envie de ralentir pour mieux avancer.
Les échanges étaient précieux, vibrants. Comme si la Closerie, avec sa nature généreuse et ses vieilles pierres, leur offrait un miroir doux. Et puis, une idée s’était glissée dans la conversation : « Et si on allait méditer demain, très tôt ? Juste nous. Devant le lac. Avant que le monde ne parle trop fort. »
Elles se levèrent avant l’aube, enroulées dans des couvertures, les yeux encore embués de nuit, guidées par le silence complice. Direction la Cité des Oiseaux, lieu magique au cœur du bocage, où le lac reflète le ciel comme un secret bien gardé.
Assises là, devant l’eau immobile, elles fermèrent les yeux. Juste le souffle. Juste le vent. Un moment suspendu, hors du temps et des exigences. Le soleil, doucement, s’éleva, éclairant les roseaux, les visages sereins, et les pages intérieures qu’elles avaient osé rouvrir.
Même les oiseaux se turent pour laisser vibrer l’instant !
Ce matin-là, elles ne furent plus juristes. Ni professionnelles accomplies. Juste des femmes qui avaient choisi de se poser, de se regarder avec bienveillance, de respirer. Et la Closerie, discrète témoin, sut que ce moment deviendrait pour elles un souvenir précieux — celui d’une pause lucide dans un monde trop pressé.
Ce matin-là, le soleil s’est levé d’une couleur inhabituelle mais magnifique, orange, comme un point en suspension sur l’eau dorée du matin !
Quand elles sont revenues dans leur chambre, leurs yeux avaient changé …
Si vous venez séjourner ici, vous reviendrez changé.e chez vous !
Désolé, les commentaires ne sont pas autorisés pour le moment.